Ceux qui se promènent avec de la monnaie dans leurs poches ont très probablement quelques pièces de cinq cents dans leur collection. La pièce de la taille d’un pouce, d’apparence argentée, représentant l’un des animaux bien-aimés du Canada – le beau et majestueux castor – sur le devant. Contrairement à son nom, le nickel canadien contient en réalité très peu de son métal de base éponyme et est maintenant composé d’acier plaqué de nickel.
L’histoire de la façon dont la pièce de 5 cents est passée d’être faite d’argent à de l’acier est une histoire longue et fascinante.
Monnaie avant la Confédération
Avant la Confédération canadienne en 1867, diverses colonies de l’Amérique du Nord britannique (comme la Province du Canada, le Nouveau-Brunswick et la Nouvelle-Écosse) émettaient leurs propres monnaies décimales. En 1858, la Monnaie royale d’Angleterre a lancé des pièces destinées spécifiquement à la Province du Canada. La pièce de 5 cents était minuscule, sa taille devant refléter sa valeur ; la moitié d’une pièce de dix cents. Elle était également faite d’argent sterling.
Uniformisation et l’avènement du nickel (1870-1921)
Après la Confédération, le nouveau Dominion du Canada a commencé à uniformiser sa monnaie. Jusqu’alors, les pièces canadiennes continuaient d’être produites soit par la Monnaie royale d’Angleterre, soit par la Birmingham Heaton Mint – identifiée par le poinçon « H » – jusqu’en 1908, lorsque la Monnaie royale a ouvert sa succursale à Ottawa.
Le passage au matériau qui donne à la pièce son nom populaire est survenu en 1922. En raison de la hausse du prix de l’argent et des pénuries de métal causées par la guerre, la Monnaie royale canadienne (MRC) a cherché à réduire les coûts de production du nickel. À ce moment-là, le rôle économique de la pièce était trop important pour être supprimé complètement, mais un changement dans sa composition devait être effectué afin d’alléger le fardeau financier.
En 1920, la MRC a d’abord commencé à fabriquer les pièces de 5 cents avec de l’argent de moindre qualité, mais seulement deux ans plus tard, le 3 janvier 1922, le nickel canadien est né. Cette version était faite de nickel pur et calquée sur son homologue américain. Contrairement au nickel américain – composé à 75 % de cuivre et seulement à 25 % de nickel – la pièce canadienne en nickel pur a fait du Canada le plus grand producteur de ce métal!

Modifications en temps de guerre et explorations de design
La Seconde Guerre mondiale a entraîné des demandes de matériaux sans précédent, obligeant la Monnaie à chercher des alternatives au nickel pur, un métal essentiel à l’effort de guerre. Les matériaux utilisés pour fabriquer les pièces bien-aimées étaient désormais détournés vers la production d’armures. En conséquence, la composition du nickel a subi quelques changements pour s’adapter aux matériaux disponibles et aux solutions économiques.
- 1942–1943 : tombac, un alliage de bronze composé de 88 % de cuivre et 12 % de zinc, donnant aux pièces une teinte jaunâtre
- 1944–1945 : acier plaqué de chrome
- 1946–1951 : 99,9 % nickel
- 1951–1954 : acier plaqué de chrome
- 1955–1981 : 99,9 % nickel
- 1981–1999 : 75 % cuivre, 25 % nickel
- 2000–présent : 94,5 % acier, 3,5 % cuivre, 2 % plaqué de nickel
Alors que la composition du nickel évoluait, le design de la pièce changeait lui aussi. Jusqu’en 1921, la pièce se distinguait non seulement par sa petite taille, mais aussi par le motif de rameaux d’érable croisés sur sa surface. Ensuite, de 1922 à 1936, la version agrandie du nickel a été modifiée pour présenter deux feuilles d’érable à la place. Ce motif est resté jusqu’en 1937, lorsque le mammifère canadien emblématique que nous connaissons et aimons – le castor – est apparu pour la première fois.
Bien que le castor soit toujours présent aujourd’hui, le nickel a connu certaines modifications commémoratives notables sur son revers :

- 1942–1963 : Les nickels étaient dodécagonaux, ou à 12 côtés, afin de les distinguer de la pièce de un cent lorsque celle-ci commençait à ternir en circulation.
- 1943–1945 : « We Win When We Work Willingly » a été gravé en code Morse le long du bord de la pièce pour promouvoir l’effort industriel pendant la Seconde Guerre mondiale. Ces nickels présentaient également un « V » (pour victoire) et une torche enflammée (pour le sacrifice).
- 1967 : Pour commémorer le 100e anniversaire de la Confédération canadienne, Alex Colville a conçu une série spéciale pour toutes les dénominations de pièces en circulation. Le nickel présentait un lièvre bondissant.
- 2005 : Pour marquer le 60e anniversaire de la fin de la Seconde Guerre mondiale, les nickels ont repris le design de 1943 avec la torche enflammée, le grand « V » et le code Morse environnant.
- 2017 : Dans le cadre de la célébration du 150e anniversaire de la Confédération, les nickels ont présenté un design de Gerald Gloade de la Première Nation de Millbrook. Le design de Gloade met en scène le castor emblématique réinterprété dans le style artistique traditionnel des Algonquiens ; une réalisation qui a valu à Gloade de faire partie des cinq gagnants du concours « Mon Canada, Mon Inspiration ».
Le nickel canadien est bien plus qu’une simple pièce de cinq cents ; c’est un petit morceau d’histoire métallique, témoignant des sacrifices du Canada en temps de guerre, des changements industriels et des symboles nationaux appréciés comme le castor.
Photos gracieuseté de Canadian Coin & Currency (site en anglais)




